La filière céréalière nationale entrevoit une reprise notable. Selon la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses, la récolte pourrait atteindre entre 8 et 9 millions de tonnes, dont près de 5 millions de blé tendre. Une estimation plus prudente de la Fédération nationale de la minoterie table plutôt sur 6 millions de tonnes, un niveau jugé suffisant pour reconstituer les stocks tout en maintenant les importations. L’an dernier, la production n’avait pas dépassé 4,4 millions de tonnes, selon le ministère de l’Agriculture.
Ce rebond s’explique d’abord par un net retour des pluies : les précipitations hivernales ont dépassé de 34 % la moyenne historique et triplé par rapport à la campagne précédente. Les superficies semées ont ainsi bondi à 3,7 millions d’hectares, tandis que les barrages affichent près de 70 % de remplissage. Malgré la perte d’environ 110 000 hectares à cause d’inondations locales, les rendements attendus devraient compenser ces dégâts.
Parallèlement, le pays a intensifié ses importations pour sécuriser l’approvisionnement : 7 millions de tonnes de céréales ont été acheminées entre juin 2025 et janvier 2026. La France demeure le principal fournisseur. Mais la logistique a été perturbée par de fortes houles dans les ports de Casablanca et Jorf Lasfar, où des dizaines de navires ont dû attendre au large, générant des coûts supplémentaires pour les importateurs.
Sur le plan budgétaire, les céréales restent un poste sensible. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international soulignent la volatilité persistante des marchés agricoles mondiaux, alimentée par les tensions géopolitiques et climatiques.


